Du Nouveau Bahut aux Écoles de COETQUIDAN
C’est au camp de COETQUIDAN dont l’étendue et la variété se prêtent parfaitement aux exigences de l’instruction que l’0201cole Militaire Interarmes de CHERCHELL s’installe en juillet 1945.
L’esprit des Écoles de Cadres, chères au Général de LATTRE, règne dans la Nouvelle École où la vie est rustique et sévère. Dans les installations sommaires cohabitent, les élèves officiers de toutes origines qui sont liés par un même idéal.
Le premier concours d’entrée à Saint-Cyr a lieu en 1945. En 1947 naît l’0201cole Spéciale Militaire Interarmes qui accueille deux catégories d’élèves :
- Les Saint-cyriens issus d’un concours direct.
- Les Sous-officiers, élèves officiers, venant des Corps de Troupe.
Ils sont mélangés dans les Bataillons, suivent le même enseignement et forment une même promotion.
Le principe du stage préalable en Corps de Troupe est repris par les Saint-Cyriens.
En 1949, l’École reprend le grand uniforme traditionnel. Au cours des ans la formule de l'école unique soulève progressivement des difficultés. Les différences d’âge et la formation initiale vont s’accentuant entre les deux catégories d’élèves et il devient malaisé pour l'école de maintenir dans ces conditions un enseignement commun. C’est pour quoi, tout en maintenant le principe de l’école unique, on en vint à abandonner la formule de l’amalgame qui avait caractérisé I’E.S.M.I.A. jusqu’en 1951.
Désormais l’École comprend deux divisions distinctes qui reçoivent un enseignement différencié La division de Saint-Cyr qui effectue un cycle d’instruction de deux ans et la division Corps de Troupe » qui ne passe qu’un an à COETQUIDAN pour tenir compte de l’acquis militaire de ses élèves.
Cette distinction n’empêche nullement que les liens solides s’affirment encore entre les deux catégories d’élèves qui constituent une seule promotion, au même nom de baptême, respectant les mêmes traditions. Ce système durera jusqu’en 1961. A cette date l’Ecole Spéciale Militaire Interarmes est supprimée. Elle fait place à deux écoles distinctes : L’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr et L’Ecole Militaire Interarmes.
Elles ont chacune leur drapeau, portent un uniforme différent, mais sous le commandement du même Officier Général, elles concourent toutes deux au même but : former les officiers de l’Armée de terre
Promotion « Nouveau Bahut » E.S.M.I.A. 1947 Revue de chaussures
Pour cela elles dispensent des enseignements de même essence, adaptés au niveau de leurs élèves, qui proviennent pour l’Ecole Spéciale Militaire des Corniches et pour l’École Militaire de STRASBOURG. Cet enseignement doit permettre aux futurs Officiers de suivre côte à côte, dans les Écoles d’Application de leur choix, la même formation d’Armes.
Ouverts sur le monde extérieur, informés des problèmes d’actualité par leurs activités variées, les élèves officiers d’aujourd’hui participent à leur propre formation en exerçant dans leurs Écoles des responsabilités grandissantes. La discipline consentie a pris la place de la discipline imposée, et la rigueur de leur attitude permet à ces jeunes hommes, conscients de l’étendue de leurs devoirs, d’ouvrir leur esprit et de former leur jugement, tout en approfondissant la portée de leur engagement.
De leur passé commun, ils ont hérité le souvenir du millier de leurs Anciens tombés en Indochine et des 300 derniers morts de l’Ecole, ceux d’Afrique du Nord.
Les Élèves de l’École Militaire Interarmes se considèrent, à juste titre, comme les héritiers des Écoles d’Armes d’après 1870 qui donnèrent à l’Armée tant de cadres de valeur et, qui réunies à CHERCHELL après notre défaite passagère, mêlèrent aux glorieuses traditions de SAINT-MAIXENT et de SAUMUR celles de VERSAILLES, de FONTAINEBLEAU et de POITIERS. Ils honorent la mémoire des huit mille des leurs Anciens tombés au champ d’honneur et, en témoignage de fidélité à leur passé, ils ont repris la grande devise de SAINT-MAIXENT : « Le travail pour loi, l’honneur comme guide.
Côte à côte avec leurs camarades E.O.R. d’Infanterie revenus à leur tour à COËTQUIDAN et leurs camarades Saint-Cyriens, ils travaillent pour constituer, eux aussi, demain, les cadres supérieurs de notre Armée.
A COËTQUIDAN, le nouveau Musée du Souvenir réunit également les reliques des Anciens de nos deux Écoles de formation et le même mémorial préserve leur mémoire.
Avec les souvenirs de l’Ancien Bahut et des Écoles d’Armes transférés dans la lande bretonne, la Tradition, un instant menacée, mais jamais morte, continue.
Le Drapeau de l’ESMIA
